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Publié par Esther
Hardy le Lun. 16 janvier 2017 à 16h30 - Contenu
original
Théâtre, 5e salle, Esther aux premières loges, Kathleen Fortin, Mani Soleymanlou, Place des Arts
Crédit photos: David Ospina Après « Ils étaient quatre » et « Cinq à sept », voici que Mani Soleymanlou récidive avec « 8 », sa dernière pièce qui boucle sa trilogie… Mais est-ce vraiment une pièce de théâtre? La question se pose, enfin c’est ce que les interprètes se demandent dès la levée du rideau... Sur fond de répétition, chacun des protagonistes joue son propre rôle dans ce groupe de comédiens de la génération Y qui se rencontrent et se questionnent sur mille et un sujets qui les touchent. Conscients de leur privilège, ils se font un point d’honneur de trouver comment offrir le meilleur spectacle à leur public qui s’est déplacé pour les voir… N’est-ce pas une excellente entrée en matière!? Et c’est exactement ainsi que le spectacle fut créé à la base, ce jeune auteur et metteur en scène original désirait poursuivre sa trilogie par ce troisième volet, et dès le début des répétitions, lui et ses partenaires de jeu se sont demandés pourquoi ne pas parler de sujet-clef, regarder les enjeux réels de notre société et faire en sorte d’offrir un meilleur spectacle...
Mani Soleymanlou et Julie Le Breton
Un des moments forts de ce party-introspection de groupe est lorsqu’ils dansent sur la voix profonde de Léonard Cohen. Et tous réagissent de façon différente, tantôt philosophique tantôt terre-à-terre, mais toujours directe et honnête, créant des quiproquos intéressants et souvent loufoques. Chacun mets à profit sa spontanéité, son style, son charisme, sa force de caractère, ses convictions, son émotivité, ses défenses, sa personnalité et sa sensibilité pour se mêler à cette conversation décousue et combien cocasse… Le résultat est vraiment bon… De plus, nous avons eu la chance d’entendre la superbe voix de Kathleen Fortin, autre moment fort du spectacle.
Jean-Moïse Martin, Mani Soleymanlou, Julie Le Breton, Emmanuel Schwartz,
Éric Bruneau et Guillaume Cyr.
Ce qui m’a le plus amusé est le style coloré de chaque interprète. Juste de regarder cette troupe de comédiens bigarrés, debout les uns à côté des autres sur scène, déjà on voit ici une panoplie de huit types physiques extrêmement différents. Une riche troupe de comédiens hétéroclites qui, à l’image de leurs répliques, est toute aussi pittoresque.
Geneviève Schmidt, Kathleen Fortin et Mani Soleymanlou
De plus, chacun est très fort dans son pôle, sa force, ses pensées, ses réactions, sa façon de raisonner, les enjeux qui le touche et qu’il désire partager pour mettre sa vision à profit. Un spectacle très original qui peut surprendre si on s’attend à une pièce de théâtre traditionnelle. Mais si vous avez vu les deux précédentes, vous retrouverez la jovialité déjà rencontrée, signature des textes et de la mise en scène du prolifique Mani Soleymanlou. Et n’hésitez pas à vous y introduire pour la première fois, ce sera rafraîchissant à souhait. Texte, mise en scène et interprétation de : Mani Soleymanlou Avec la collaboration des interprètes : Éric Bruneau, Guillaume Cyr, Kathleen Fortin, Julie Le Breton, Jean-Moïse Martin, Geneviève Schmidt et Emmanuel Schwartz. Du 10 au 28 janvier à la Cinquième salle de la Place des Arts. |
Comédienne
lundi 16 janvier 2017
8 de Mani, c'est quoi?
mercredi 14 décembre 2016
Chronique radio du 14 décembre 2016
Comme toujours en complicité avec l'animateur Charles Gaudreau, Esther donne sa nouvelle chronique radio au 103,3 fm diffusée le 14 décembre 2016.
Esther rencontre en entrevue Pierre Doré de Québec Issime.
Voici les sujets couverts lors de cette chronique:
- Sorties et activitées culturelles dans l'esprit du temps des fêtes
- Entrevue avec Pierre Doré de Québec Issime
- Son spectacle "Décembre"
mercredi 7 décembre 2016
Chronique radio du 7 décembre 2016 au 103,3 fm
Voici la chronique radio de l'émission "De bonheur la culture avec Esther Hardy" du 7 décembre 2016.
Esther interview une copine comédienne et auteur, Élisabeth Locas.
Voici en détails les sujets parcourues dans cette chronique:
Entrevue avec Élisabeth Locas, auteur et comédienne
Ses activités professionnelles: film Désert, Les Argonautes, livre, etc...
Sorties culturelles.
Voici le lien pour accéder à la chronique:
lundi 5 décembre 2016
Gloucester : intelligemment loufoque
Publié par Esther Hardy le Lun. 5 décembre 2016 à 15h00 - Contenu original
Crédit photos: Isabelle Jetté
Un spectacle, éclaté, enlevant, drôle… Du plaisir du début à la fin!!!
Du théâtre écrit par des comédiens pour être joué par des comédiens! Des comédiens passionnés de leur art qui connaissent les plaisirs extrêmes de la scène et qui partagent leur délire intelligent et bien conçu avec un public conquis dès les premières minutes... Voilà ce qu'est Gloucester !!!
Une coproduction de La Bordée, du Théâtre Les Enfants Terribles, de Simoniaques Théâtre, du Théâtre des Ventrebleus et de la Place des Arts présentée à la 5e salle jusqu'au 17 décembre, avec une généreuse distribution: Marie-Josée Bastien, Emmanuel Bédard, Geneviève Bélisle, David Bouchard, Simon Boudreault, Eloi Cousineau, Jonathan Gagnon, Jean-Guy Legault, Catherine Ruel et Alexandrine Warren. Gloucester a été adroitement mis en scène par Marie-Josée Bastien, un travail intense de précision, de justesse de rythme et d’adresse pour créer ce feu roulant qui nous tient du début jusqu'à la fin. Tout ce plaisir délirant est signé Simon Boudreault et Jean-Guy Legault, les auteurs passionnés!
Jean-Guy Legault, Simon Boudreault et Marie-Josée Bastien
Et comme si ce n’était pas déjà assez, Marie-Josée a aussi remplacé la comédienne principale pour la version « montréalaise » de ce spectacle. La pièce ayant été présentée plus tôt cet automne à Québec et a eu un franc succès qui s'explique très bien. Érika Gagnon l’interprète de la reine Goneril ne pouvait faire partie de la distribution montréalaise, Marie-Josée a courageusement enfilé le costume de la reine et a fait sa première à la 5e salle dans un feu roulant d’une troupe déjà bien rodée… Et elle a très bien tiré son épingle du jeu.
L’histoire : « Après une victoire sanglante contre les Écossais, Édouard, roi d’Angleterre, partage le royaume d’Écosse en trois parts entre ses généraux Gloucester et York, ainsi que son épouse, Goneril. La reine, qui espérait devenir régente unique de l’Écosse, nourrit d’ambitieux projets de vengeance. Avec la complicité d’Edmond, un des fils bâtards d’Édouard, elle manigance un plan machiavélique ayant pour but de semer la discorde entre Gloucester et York. »
Éloi Cousineau et Simon Boudreault
Gloucester est « la guerre des tuques » version théâtre avec des comédiens au cœur d'enfant avoué et assumé. Vous le devinerez, l’enthousiasme des interprètes se transmet au public immédiatement séduit par ce joyeux délire de plaisirs contagieux. Et tout y est: justesse de jeu, mise en scène impeccable et bien ficelée, interprètes assumés, confortables...que du bon-bon!!
Les auteurs Simon Boudreault et Jean-Guy Legault ont longuement travaillé ce texte pour le rendre aussi solide que déjanté. Et ça fonctionne au quart de tour! Même l’adaptation shakespearienne est renversante, tout y est…on reconnaît les clins d’œil aux classiques et on s’en réjouit d’autant plus! La précision de chaque mouvement sur scène est calculée dans un texte bien conçu, car on ne peut espérer créer une cascade de rebondissements aussi intenses sans avoir minutieusement fignolé chaque scène avec rigueur, dans un travail d’écriture que je qualifierais de scolaire. Les ricochets, les surprises et l’efficacité de leur texte se confirment par l’enthousiasme de sa grande popularité.

L’ensemble de la scénographie est une belle complice à ce texte rocambolesque, les entrées des personnages provoquent de nombreux fous rires avec l’originalité de leurs accessoires, alliant chevaux de bois à bien d’autres astuces que je garde pour vous laisser le plaisir d'en faire la découverte en voyant la pièce. Le décor nous situe au cœur de l’action et sied à tous les aspects de ce délire shakespearien.
Soulignons la force du cœur, incarné par les comédiennes Geneviève Bélisle, Catherine Ruel et Alexandrine Warren, des sorcières puissantes, aussi magnétiques que loufoques. Sans compter que hormis la reine, elles interprètent tout l’éventail des personnages féminins, ce qui demande non seulement une excellente concentration, mais une rapidité impressionnante à se changer de costume et surtout à se mettre dans la peau du nouveau personnage avec aplomb et sans hésitation.
Les personnages masculins sont loin d’être en reste avec leur gaieté, leur dynamisme, leur bouffonnerie, leur justesse de jeu éclatée et leur solide engagement à l’œuvre. La camaraderie et la complicité sont au cœur de leur travail et teinte toute la production. La distribution forme donc un groupe d’interprètes qui portent ce texte avec légèreté et plaisir!
En résumé, Bravo à cette production et chapeau aux auteurs!! Un excellent travail! Maintenant, il ne reste qu’au public à venir jouir de ce plaisir shakespearien, à l’affiche à la 5e salle de la Place des Arts jusqu’au 17 décembre!
Vous pouvez aussi vous procurer les billets sur le site d’ATUVU.
Courrez voir ça! Plaisir assuré!
Texte : Simon Boudreault et Jean-Guy Legault
Mise en scène : Marie-Josée Bastien, assistée d’Amélie Bergeron
Distribution : Marie-Josée Bastien, Emmanuel Bédard, Geneviève Bélisle, David Bouchard, Simon Boudreault, Eloi Cousineau, Jonathan Gagnon, Jean-Guy Legault, Catherine Ruel et Alexandrine Warren
Conception : Marie-Renée Bourget Harvey / Sébastien Dionne / Stéphane Caron / André Rioux
«Esther aux premières loges» en formule capsule-entrevues!
Avec la complicité de l'équipe de Zénith Studio, Esther rencontre maintenant les artistes des productions théâtrales en entrevue afin d'avoir un lien direct avec eux.
Voici sa première rencontre avec Maya Gobeil, co-directrice de La Risée et metteur en scène de la pièce «Marina le dernier rose aux joues» présenté à La Risée en octobre dernier.
De façon intimiste, Esther développe une approche très personnelle, discutant de coeur à coeur avec ses invités et découvrant ce qui les fait vibrer dans leur art.
Voici sa première rencontre avec Maya Gobeil, co-directrice de La Risée et metteur en scène de la pièce «Marina le dernier rose aux joues» présenté à La Risée en octobre dernier.
De façon intimiste, Esther développe une approche très personnelle, discutant de coeur à coeur avec ses invités et découvrant ce qui les fait vibrer dans leur art.
samedi 3 décembre 2016
Norge - l'aventure d'une quête essentielle
Publié par Esther Hardy le Sam. 3 décembre 2016 à 13h00 - Contenu original
Théâtre, atuvu.ca TV, Espace Go, Esther aux premières loges, Esther Charron, Kevin McCoy, Théâtre du Trident, Théâtre Humain
En coproduction avec le Théâtre du Trident, le Théâtre Humain présente la pièce Norge de Kevin McCoy, à l'Espace Go jusqu'au 10 décembre, avec Kevin McCoy lui-même. Norge est une quête qu'a entrepris ce québécois d'adoption pour retrouver les origines norvégiennes de sa grand-mère.
Parti avec très peu d'information, il a voyagé à l'aventure de lui-même vers l'inconnu.
Une très belle pièce qui nous touche tous, interprétée avec la douce ferveur d'un désir qui guide le chemin au-delà du compréhensible, à l'Espace Go jusqu'au 10 décembre.
Texte et mise en scène:
Kevin McCoy
Distribution:
Kevin McCoy et Esther Charron (pianiste)
Conception:
Lionel Arnould, Esther Charron, Yasmina Giguère, François Leclerc, Nicolas Léger, Jenny Montgomery, Laurent Routhier et Arielle Warnke St-Pierre
Coproduction:
Théâtre Humain et le Théâtre du Trident
Kevin McCoy
Distribution:
Kevin McCoy et Esther Charron (pianiste)
Conception:
Lionel Arnould, Esther Charron, Yasmina Giguère, François Leclerc, Nicolas Léger, Jenny Montgomery, Laurent Routhier et Arielle Warnke St-Pierre
Coproduction:
Théâtre Humain et le Théâtre du Trident

jeudi 1 décembre 2016
NIYAZ : envoûtant
Publié par Esther Hardy le Jeu. 1 décembre 2016 à 17h00 - Contenu original Musique, Azam Ali, Esther aux premières loges, Loga Ramin Torkian, NIYAZ, Tanya Evanson, Théâtre Outremont
Dans le cadre du festival « Mundial Montréal », un public provenant de partout, aussi éclectique qu’enthousiaste, se bousculait courtoisement et fiévreusement à l'entrée du Théâtre Outremont dans une belle soirée de ce vendredi de novembre très particulier. L'amour pour leur artiste et le plaisir anticipé étaient palpables. Azam Ali et son époux tous deux membres du groupe NIYAZ, montaient sur scène pour nous présenter en première mondiale: The Fourth Light Project, un spectacle savamment mûri pendant huit années de travail et d’intenses recherches. NIYAZ performait sur un fond de danse soufi (derviche tourner), d’arabesques tournoyantes par Tanya Evanson, rare occasion où cette danse traditionnelle soufie est exécutée par une femme.
Une expérience multimédia alliant projections de lumière et images évocatrices, dans The Fourth light Project Niyaz a su adroitement nous introduire dans une musique du monde comme ils sont les seuls à savoir le faire. Le producteur Patrick Darby a présenté cette expérience des sens exceptionnelle comme un « work in progress ».
Si ce spectacle est toujours en progression, je ne peux imaginer ce que sera la beauté du projet final, puisque ce que Niyaz nous a présenté ce soir-là était réellement remarquable.
Nous avons été bombardés d'images, de musique et de danse sur la puissante et envoûtante voix d’Azam Ali, cette chanteuse unique qu’on a pu entendre pour la première fois dans plusieurs bandes originales : Fight Club (1999), Prince of Persia: Les sables du temps (2010), Thor : Le monde des ténèbres (2013), ainsi que de nombreux autres, soit en tant que soliste, auteure et interprète avec l’un de ses groupes (Vas ou Niyaz).
La musique étant un langage universel, NIYAZ nous a raconté l'histoire de la femme à la genèse du soufisme (mouvement mystique islamique basé sur l’enseignement des grands maîtres religieux), ce récit prenant une forme organique plutôt que littéraire. Donc, même si le langage iranien chanté par Azam Ali était étranger à la majorité du public, la beauté du sens des paroles appuyée par la musique, évoquait néanmoins de puissantes images qui prenaient tout leur sens en nous par son interprétation.

Malgré leurs 25 ans de carrière, tous les membres du groupe NIYAZ étaient très nerveux de nous présenter ce spectacle qui leur tenait à cœur et auquel ils ont mis beaucoup de soins. Leur travail a été long et très pointu, voyageant dans l’histoire, le symbolisme, les grands mouvements spirituels, recherchant les images les plus évocatrices et la musique qui serait la plus puissante pour accompagner leurs intentions, ils espéraient beaucoup de cet accouchement artistique. La réaction du public enthousiaste a été concluante et c’est un verre de vin à la main qu’ils nous ont accueillis à la fin du spectacle. Distribuant généreusement les « selfie », les accolades et les conversations enjouées avec leur public.

Azam Ali est intriguée par la voix humaine et par son habileté à rendre toutes choses transparentes par son pouvoir de transformation. Pour elle : "La voix humaine est non seulement un conduit pour les mots, mais elle est aussi comme un rêve abstrait dans lequel chaque chose à un sens parfait.” C’est dans cet espace onirique que les sentiments du public et sa voix se rencontrent. Lorsqu’on l’écoute, on a souvent l’impression d’entrer dans un espace-temps qui n’existe pas ailleurs, un lieu où des sentiments se déploient pour notre édification personnelle.
Née à Téhéran en 1977, Azam Ali a grandi en Inde, elle a ensuite immigré aux États-Unis durant son enfance, puis est devenue citoyenne canadienne. Elle vient tout juste de retourner vivre en Californie. Sa voix est d’une rare beauté, la découverte de son talent s’est passé lors de son adolescence. Pendant une classe de musique où elle éprouvait de la difficulté à s'exprimer avec son instrument, son professeur l’a entendu chanter pour la première fois et a été très étonné de la rare qualité émotionnelle de sa voix. Il l’a alors incitée à opter pour cet instrument exceptionnel comme moyen d’expression.
Incluant les trames sonores, on peut entendre la voix fascinante d’Azam Ali sur des albums à son propre nom ou avec ses deux groupes : Niyaz et Vas. Je vous conseille fortement de découvrir toute sa musique et sa voix envoûtante pour vous évader dans un univers onirique où la puissante beauté de La Femme vous subjuguera.
The Fourth Light Project:
Loga Ramin Torkian et Azam AliVoix Azam Ali | Saz, Kamaan Loga Ramin Torkian | Kanoun Didem Basar | Claviers et programmation Gabriel Éthier | Percussions Bertil Schulrabe | Concepteur visuel Jérôme Delapierre | Danseuse derviche Tanya Evanson
Lien vers la publication initiale sur le site d'ATUVU:
Esther aux premières loges
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